Hacride – Son’Art (Bordeaux) juin10

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Hacride – Son’Art (Bordeaux)

Pour ma première chronique, j’ai décidé de vous faire un live report du concert d’Hacride. Le groupe poitevin était de passage vendredi dernier au Son’Art à Bordeaux. Pour l’occasion, Hacride était accompagné de deux groupes : Inertie et Aygghon.

Le Son’Art ouvre ses portes à 21h et c’est avec étonnement que je découvre une salle bien vide. En effet, très peu de métalleux dans les parages. Est-ce la faute de la soirée Ricard sur la place de la Victoire qui, cette année, nous fait l’honneur d’accueillir Amel Bent ? C’est bien connu que les métalleux aiment descendre quelques mousses en écoutant le dernier album d’Amel. Ou alors est-ce plutôt le concert de deathcore qui a lieu dans une salle concurrente, l’Hérétic ? Je n’y crois pas trop, je vois mal des métalleux écouter une musique aussi violente et mosher comme des malades. Bref, le mystère reste complet même si finalement on sait pertinemment qu’Amel Bent doit y être pour beaucoup.

Revenons à présent à nos moutons et donc au déroulement de la soirée.
Inertie est le groupe qui ouvre le bal. C’est un jeune groupe bordelais qui ne s’en sort pas trop mal pour un début, mais malheureusement le public n’est pas de la partie. Il faut dire que le groupe officie dans un style assez étrange. Un mélange entre du heavy (pour le look du chanteur surtout : jean moulant et tignasse folle), du death et du post hardcore chaotique. Une sorte de mixe entre Buried inside et Soilwork même si Inertie est loin d’avoir les nombreuses qualités de ces deux groupes. Toutefois, Un sacré mélange qui laisse assez songeur quant à la cohérence des morceaux. Pourtant le tout s’enchaîne assez bien mais il manque un petit quelque chose. Le son n’est pas terrible et ça se ressent plus précisément sur les montées qui finalement tombent à plat. Le chant n’est pas des plus affûtés non plus. On aurait aimé ouïr plus de growls afin d’alourdir un peu plus les morceaux. Je pense néanmoins qu’Inertie est un groupe qu’il faudra suivre car quelques bonnes choses s’en dégagent, et en particulier cette audace de mélanger deux styles complètement différents.

C’est au tour d’Aygghon de monter sur scène. Le groupe officie dans un « néo métal brutal » qui pourrait être original, sachant qu’en plus le chanteur chante en français, mais l’ensemble n’est pas des plus passionnants. Les morceaux s’enchaînent et tous se ressemblent. La monotonie s’installe et il ne me tarde qu’une chose, qu’ils dégagent de la scène et laissent la place à Hacride. Je ne vais pas être de mauvaise foi et avouer tout de même qu’il y avait quelques passages intéressants. Il faut dire que le niveau est bel et bien présent et que chaque musicien maîtrise son art. Mais là encore, le son saccage le show avec une grosse caisse omniprésente et assourdissante. Certes je kiffe bien la double pédale, mais y a des limites. La grosse caisse a tendance à couvrir tous les instruments et à gâcher les morceaux. Je donnerais quand même un bon point à Aygghon qui a su bouger le peu de monde présent ce soir-là. Un chanteur à la grande gueule qui aime les blagues vaseuses et qui a certainement son diplôme de GEO, avec l’organisation d’un mini « wall of death » avec les 12 pelés présents dans la salle.

Il est déjà 23h et Aygghon vient de quitter la scène. C’est alors que le drame se produit. On apprend que le chanteur d’Hacride a des problèmes de cordes vocales et qu’il n’est donc pas présent. Il est remplacé sur toute la tournée du groupe par un certain Yann. Cette nouvelle me mine un peu mais le principal c’est que le groupe soit bien présent. Hacride est en train de s’installer avec au fond de la scène un drap blanc sur lequel sont projetées des images rappelant l’artwork de l’album. Hacride commence son set à 23h15 et ce, pour une toute petite heure. Mes craintes concernant le chanteur s’estompent vite quand celui-ci se met à brailler. Une voix similaire à celle de Sam. Je tire mon chapeau à ce mec qui a su coller parfaitement aux morceaux et préserver toute la puissance de la musique d’Hacride. Je peux vous dire maintenant que j’ai cherché qui se cache derrière ce Yann et j’ai trouvé. Il s’agit en fait de Yann Ligner, qui n’est autre que l’excellent chanteur de Klone et Mistaken element, deux groupes officiant respectivement dans du « métal » et du « death trash destructuré ». Pas étonnant que le Monsieur s’en sorte aussi bien derrière un micro. En tout cas, ça conforte mon opinion très positive sur ses deux groupes. Après ce petit interlude culturel musical, replongeons-nous dans le concert d’Hacride. Le groupe a joué presque la globalité de Amoeba avec seulement une seule chanson de leur maxi. Les musiciens maîtrisent parfaitement le set, on en prend plein la gueule. C’est puissant, rythmiquement impeccable, ça headbangue sérieusement à ma gauche, ça headbangue sérieusement à ma droite, le public est littéralement scotché face à la performance des musicos et moi je savoure chaque instant de ce spectacle. Mention spéciale à la chanson On the treshold of death qui était de toute beauté. Je regrette seulement que le groupe n’ait pas eu l’opportunité de jouer dans une salle plus grande avec un son de meilleur facture. Hacride stoppe les hostilités au bout d’une petite heure mais il n’y a rien à redire sur la prestation des pictaviens. Les deux autres groupes ont pris méchamment leur branlée face au bulldozer Hacride.

J’espère revoir Hacride en concert avec une petite tournée idéale qui les réunirait avec Gojira et Klone, par exemple…

PS : il y a un morceau d’Hacride dans le Radioblog.